A l'aube du jour, mon coeur s'était rempli de sentiments houleux. L'un était l'amour. Se présentant sous forme parfaite, il était venu hanté mes rêves les plus fous. En m'apportant cette passion dévorante, mon coeur s'était emballé sous le feu de la braise qui hurlait en moi comme des hommes criant "au loup, au loup !". L'exitation prennait place en un doux mélange d'euphorie, un dangereux composé de peur.
Au début, tout paraissait merveilleux. Un regard pour mieux se comprendre, un baiser pour sentir les peaux s'enflammer, un amour pour enfin s'extasier... Des images défilaient sous mes yeux, je ne voyais pas qu'elles me mentaient... Et pourtant comme beaucoup de personne avant moi, j'étais pris au piège. M'emèlant de plus en plus dans les filets pour trouver une sortie. Mais mes actes restaient vains. Plus j'essayais plus je m'enfonçais. Alors, je me suis arrêtée de combattre les mains somptueuses, couvertent d'un étrange velour rouge que je ne supportais, pour laisser les vagues de mon coeur me guider à son propre meutre.
A l'aube du jour, mon coeur s'était rempli de sentiments houleux. L'un était l'amertume. Se présentant en un geste d'invitation aux blessures que m'infligeaient le précédent. Je ne pus résister à lui serrer la main. Mais à son contacte, je voulais en goûter d'avantages, être plus près de sa glaçante présence. Elle m'inspirait une douce drogue, une dangereuse alliance.
Au début, tout n'était qu'apaisement. Je n'avais plus aucune raison de penser. Mes moeurs s'étaient adoucis et les loups en moi ne hurlaient plus mais ronronaient comme des chats. Au coin du feu, des millions de sensations doucâtres m'envahissaient. Mes yeux suivant le contour des flammes qui trassaient un chemin : je n'avais plus qu'à le prendre. Mais mon côté humain reprenait le dessus. Mon esprit tournait et tournait, se posant des centaine de questions. Où m'emenait ce chemin ? Qu'est-ce qui m'attendait au bout ? L'amerture était furieuse. Elle ne voulait pas me laisser partir. Me frappant de ses langues de vipères aiguisées comme des lames de rasoir. Je m'étais encore pris au jeu.
A l'aube du jour, mon coeur s'était rempli de sentiments houleux. L'un était la peine. Se présentant en un lit ouvert. Voulant échapper au précédent, je me glissais dans ses draps de plume. A son contacte, j'avais l'impression de retrouver une épaule sur qui pleurer comme une mère ouvrant les bras à son enfant. C'était pour moi, une douce morphine, un dangereux poison.
Au début, tout était ennivrant. J'avais un monde qui me comprenait et qui ne contestait pas mes sanglots. Une occasion merveilleuse d'évacuer mon silence dans une écriture noire. Je sentais mon être se détendre et apprécier le malheur, lui donner un autre sens. Puis, tout à coup, les images n'étaient plus les mêmes. Extrèmement violentes et rouge de sang. Mon substitut de mère m'avait doucement bercée d'illusion pour m'arracher ma raison. Pendant que mes entrailles se vidaient une à une sur l'arrêt de l'autobus, j'attendais patiemment une autre voie.
A la tombé de la nuit, mon coeur s'était rempli d'un sentiment douteux. Celui-ci était la mort. Elle arriva vers moi dans une danse macabre, se déhanchant sous mon regard épris de son envoutement. Impossible de résister, sa beauté ténébreuse me murmurait une mélodie amputée de ses chants. Elle m'attirait à elle comme un aimant. Mes sentiments étaient une douce rêverie, une dangereuse traversée.
A la fin, je crus que mon choix s'était épris d'une âme soeur. Elle m'amenait partout avec elle, elle ne me quittait pas. Me faisant passer par des chemins sinueux. Mais peu m'importait, j'étais avec elle. Puis dans une éternité croissante, elle m'abandonna au bout du tunnel. Me laissant dans un noir complet, fait de cris douloureux et de plaintes monstrueuses. Me disant qu'un autre bus m'attendrait au prochain arrêt, mon inquiétude se faisait moins opressante. Mais nul ne venait me prendre.
Virgo
Belthane
Il est vrai que l'amour rend aveugle et qu'on est près à tous pour être aimer. Parfois, il nous conduit au porte du désespoir, au porte de la mort. Et vous, avez-vous déjà ressenti que tout vous échappait ? Et qu'au bout du compte, il n'y avait pas de sortie ?